Chapitre 3

Chapitre 3 "Le prix de la chair"

Résumé du chapitre précédent:

Anverion l’Obscur, le Dieu Roi de Guensorde, est revenu victorieux de la bataille aux bords du fleuve. Victorieux, mais involontairement blessé et humilié par la jeune doctoresse affectée au onzième régiment, Aldanor Markan. Désireux de se venger, le divin monarque doit pourtant méditer pour elle un châtiment… particulier.

Le prix de la chair

La victoire avait été totale. L’Obscur ne s’était même pas donné la peine de poursuivre l’armée ennemie de Ci’max. Il n’en restait rien. Les généraux de la coalition des cités de l’Ouest avaient compté sur le fleuve et la bénédiction d’Aibhne, Haut Dieu des Eaux, pour protéger leurs hommes et tout leur équipement, vivres, chevaux, or. Ils n’avaient jamais pensé que les guensordais pourraient traverser l’immense Loý, au débit puissant et à la largeur démesurée.

C’était compter sans le génie d’Anverion. Informé du point de rencontre envisagé par la coalition bien à l’avance, il avait, discrètement, un modeste canal par ci, une petite écluse par là, remodelé le cours du fleuve durant l’avancée de ses troupes. Ses ingénieurs avaient mis en place des systèmes hydrauliques complexes qui maintenaient leurs constructions immergées, quasi indétectables, et, surtout, inopérantes. À l’arrivée de l’armée du Dieu Roi, le Loý coulait paisiblement comme à son habitude. Pendant qu’Anverion installait son campement loin de la berge Sud, les deux mille deux cents bâtisseurs du génie que comptait son armée, restés quelques lieues dans la forêt en amont, construisaient en hâte le dernier barrage.

Quand la dernière planche fût clouée, le signal avait été donné, remontant le long du fleuve, chaque ouvrage invisible et inactif avait été sorti des eaux et mis en marche, et les soixante cinq mille hommes de l’Obscur avaient qui l’épée, qui la hache, qui la pique ou l’arc en main. Les soldats ci’maxais, quant à eux, se préparaient à déjeuner au soleil sur la plaine Nord, croyant leurs ennemis retranchés derrière les eaux infranchissables. Mais en deux heures, le Loý ne montait pas plus haut que le genou sans que l’ennemi ne s’en doutât. Et les troupes guensordaises, les bottes humides, avaient chargé en hurlant le nom de leur Roi.

Les prêtres d’Aibhne avaient eu beau prier et invoquer leur Dieu, quel déluge peut abattre même un Haut Dieu, en admettant qu’il le veuille bien, avec quarante centimètres d’eau? Et Guensorde avait son Dieu à elle, superbe et déterminé, galopant à sa tête, le goût du sang dans la bouche.

La stratégie onéreuse et incertaine d’Anverion avait payé au delà de ses rêves les plus fous. Le carnage avait été abominable ; le butin, formidable. Il n’avait pu faire aucun prisonnier, les Ci’maxais étant tous morts, débandés ou mutilés. Mais il était confiant. Les riches petites cités de Ci’max lui fourniraient assez d’esclaves qui s’offriraient d’eux mêmes en échange de leurs vies pour réaliser ses projets. En attendant, lui avait offert à ses troupes une longue et luxueuse relâche sous les cieux cléments de la région, et le campement festoyait, dansait et forniquait depuis des jours.

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