Chronique: L’horreur tapie dans l’ombre

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Suivons le mouvement: Les jeux concours de Guensorde

L’horreur tapie dans l’ombre

Auteur : Rudy Faure

Édition : Bod – Books on demand

Septembre 2020.

Résumé :

1936. L’écrivain américain Robert E. Howard, auteur de Conan le Barbare, s’est suicidé. Les indices laissés à son ami William Derleth vont lui permettre de découvrir les véritables raisons de sa disparition.

En partant à la recherche de la vérité et au péril de sa vie, il va découvrir la vraie nature de notre monde et révéler l’horreur tapie dans l’ombre qui nous guette. Il semblerait que les nombreuses mises en garde de savants et d’auteurs dépréciés soient sur le point de livrer leurs secrets.

Ce livre leur rend hommage.
L’heure est venue d’affronter nos démons.

Suivons le mouvement: Les jeux concours de Guensorde

Le titre m’a interpellée car il hurle son Lovecraft, presque autant qu’un ouvrage qui s’intitulerait « La terreur du cauchemar à la naissance de l’obscurité sous les ténèbres qui font peur», mais de façon bien plus efficace et subtile.

Et en effet, l’empreinte, le nom, les écrits, et même l’histoire de H.P Lovecraft imprègnent ce texte fantastique, jusqu’au style fluide, glaçant et délicat de l’auteur. Le début, malgré quelques longueurs, finit par nous interpeller, et réussit à poser ses personnages et le style de narration aux voix, temporalités et réalité multiples. Migraine en vue ? Que nenni. On passe très aisément d’un passage à un autre, les enchaînements se font en douceur, pas besoin d’avoir la compétence GénieLittéraire +12 pour se laisser entraîner jusqu’au Chapitre 2, déjà un peu surpris, et inquiet.

Et là, mes amis, à vos masques*, prêts, partez. Alors que jusqu’ici une poésie légère et sombre venait nous chatouiller les oreilles, l’horreur et la terreur vous happent, chacune par une main, et viens par là comme j’te pousse, si j’ose m’exprimer ainsi. Je l’ai pratiquement lu d’une traite, et encore, il a fallu un gratin d’épinards frais à la levure maltée pour m’en détacher quelques minutes. Il faut dire que ce chapitre est à la fois haletant et bouleversant, une plongée vertigineuse dans la peur que je voulais aussi finir avant la tombée de la nuit (on sait jamais ce qui peut traîner sous mon lit ou dans mon placard à part des tas de vêtements noirs mal rangés, de bouquins que je lirais bientôt, si, si, et des tablettes de chocolat en masse.)

Le style s’aiguise, se précise, les descriptions ne traînent pas et croquent à traits terrifiants des événements et des univers que je vous invite à découvrir par vous-même.

On respire de nouveau au Chapitre 3 devant un bon thé, mais pas pour très longtemps. Si d’un côté les nœuds de l’intrigue semblent se dénouer, d’autres nœuds se forment, des nœuds à contracter vos nerfs et vos entrailles, à faire vibrer vos intelligences et à vous faire tourner les pages avec frénésie. Après un twist bien amené mais trop aisé à soupçonner aux pages précédentes, durant une scène incroyablement visuelle que le talent de l’auteur a quasiment dessiné sous mes yeux, on embarque pour le Chapitre 4.

Malgré le retour des longueurs du Chapitre 1 (justifiées par les descriptions ciselées de paysages et de lieux surprenants) le rythme de l’intrigue se maintient encore. J’ai réalisé à ce moment là que, bien que l’auteur les ait dépeints avec style et précision, les personnages principaux ne poussaient pas à l’empathie. Ceci étant bien sûr purement subjectif. Petit à petit, les images décrites amènent le lecteur à un questionnement sur la valeur du bien et du mal, qui ne trouvera pas de réponse dans un dénouement spectaculaire, et un épilogue juste assez ambigu pour ne pas le laisser sur sa faim, mais continuer à triturer ses neurones.

Enfin, un mot sur les notes de lecture, concises et utiles, dont j’ai beaucoup apprécié la présence tant elles donnent un éclairage intéressant sans nuire à la tension présente tout au long du texte.

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Avec intrigue finalement assez simple servie par un style et une narration complexe, qu’on ne croirait pas nées de la plume d’un auteurfrancophone contemporain, mais plus d’un rêveur du début du XX ème siècle, La terreur tapie dans l’ombre nous offre un délice de terreur et d’angoisse. Il se dévore avec avidité et plaisir.

Sous couvert d’un roman fantastique qui remet intelligemment la réalité en question, bourré d’innombrables références remaniées avec brio et un lyrisme certain, se pose en filigrane la question de l’auteur et du poète, du créateur même, de leur processus créatif et de leur place dans la société. Un auteur que je suivrais désormais avec beaucoup d’attention… sur instagram et sur Facebook

Tom Larret

Se procurer le livre :

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Sur Babelio

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*Oui, c’est une expression tendance . J’assume.

Les héraults du roi

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