Chronique: Deux zéros et demi

Bannière de la chronique "Deux zéros et demi, l'Intégrale"

Deux Zéros et demi, l’Intégrale

Auteur : Guillaume Lecler

Édition : Auto-édité

Date: 2020 (l’intégrale)

Genre: Fantasy- Pas que

Cette saga ne se contente pas d’être drôle, elle arrive également à être bigrement (c’est dire) intelligente. Depuis Holbach à Rössler, Deux zéros et demi, l’Intégrale englobe tout un panel de concepts et mérite tout un tas d’épithètes que son résumé ne vous aidera pas à imaginer. Voyez plutôt.

Résumé :

 Ce volume réunit tous les textes des aventures des pires bras cassés de la Fantasy, Ethinor, Tallia et Jermold : Deux zéros et demi (Rubis sur gage et Les noces écrues), Bons baisers de Goscranie, Partie fine et inversement, Des illusions matutinales et Anamorphose et boulettes. Les trois mercenaires unissent leurs défauts pour mener de façon absurde les missions qui leurs sont imposées. Amateurs de Fantasy humoristique, vous pourrez, je l’espère, y trouver votre compte : c’est un ramassis de grand n’importe quoi.

Dans un style recherché d’une finesse savoureuse, Guillaume Lecler nous narre les aventures de Tallia, la guerrière aussi secrète qu’inversement, du fraternel et puissant Ethinor, et de Jermold. Il se joue, certes, des grands clichés de la fantasy, de l’action, de l’aventure et du fantastique, avec un humour  »glacé et sophistiqué » frôlant les limites de l’absurde, mais évoque également de nombreuses questions. Voyez plutôt :

Quid de l’existence intrinsèque du sujet en tant qu’individu agissant, extérieur au Moi conscient ?

De l’intervention des puissances telluriques sur le psychisme des individus ? Sur la considération de l’Autre à l’égard de Je ? Quelle physiologie pour l’affrontement ? De la nature de l’aphorisme et de sa sœur jumelle ? Comment se caractérise l’unicité de l’être dans sa relation à l’Univers et à sa propre existentialité ? Et si vous croyez que je quadricapilloscalpe, allez donc lire le livre.

« Les civilisations en panne de croissance façonnent de nouvelles idoles, des stéréotypes auxquels s’identifier quand l’ego est en mal de reconnaissance ; cependant, à se partager les mêmes modèles, l’originalité escomptée ne se trouve guère que dans l’écart séparant la copie du prototype »( Rubis sur gage.)

Ça pique là où ce que ça fait mal.

Vous pourrez, en prime, y savourer des descriptions saisissantes et quasiment poétiques qui n’osent tout de même pas altérer le ton général décalé, le vocabulaire richissime dont l’auteur joue avec une verve et une maestria rarement égalées, l’humour parfois caustique qui jongle avec les genres, de l’ironie, du sarcasme ou du grivois sans tomber dans le graveleux ou la vulgarité, mettant férocement à mal les idéaux de l’universalisme, grâce à des métaphores, des images, des euphémismes, des parenthèses et des notes qui émaillent le texte comme autant de joyaux. Non seulement on adhère aussi à une intrigue forte et complexe, mais on s’attache également aux personnages grâce, je pense, à la grande implication de leur créateur dans la construction de leur psyché avec délicatesse et pudeur. Mais, hormis une pépite de littérature, on y trouve aussi, esquissées ou plus lourdement crayonnées, de nombreuses réflexions humaines, sociales, politiques et écologiques dont la présence ne casse jamais le rythme effréné de la prose, et ce, malgré les thèmes changeants de livres en livres au fur et à mesure de la saga, jusqu’à une fin brillante, extrêmement bien trouvée, voyez plutôt :

« … Puis tout(…) »*

La saga Deux Zéros et demi, composée de six livres dont la liste suit, est une des meilleures parodies, parmi les plus fines et bien conçues, que j’ai eu le plaisir de lire, et on y compte pourtant les Aventures de Kalon qui, désormais détrônées, ont longtemps tenu fièrement les lauriers du genre dans ma bibliothèque. Si, après la lecture de :

– Rubis sur gage

– Les noces écrues

– Bons baisers de Goscranie

– Partie fine, et inversement.

– Des illusions matutinales

– Anamorphoses et boulettes,

vous n’avez pas poussé un pouarf, un niark ou un ahahah par livre, c’est moi qui fais la vaisselle. Et je ne prends pas de risques.

Tom Larret.

* Vous croyiez que j’allais vous antici-gâcher la fin ? Je ne suis pas comme ça.

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Les héraults du roi

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